Iran

  • Buyukaga Piroglu Vüjüdi est un Ashiq d’Azerbaïdjan, un musicien et conteur nomade dont la pratique est considérée comme gardienne de la langue, de la culture et de la musique d’Azerbaïdjan. L’art des Ashiqs a ainsi été inscrit au Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’UNESCO. J’ai rencontré Buyukaga à Tabriz, et l’ai enregistré chez lui, dans son confortable salon, où il m’a gentiment invité! Octobre 2014.

  • Sous les arches du pont Khajou, à Isfahan, des jeunes chanteurs iraniens, souvent amateurs, se réunissent tous les soirs pour chanter des chansons d’amour, pour le plus grand bonheur des passants.
    « Shahriar and friends » et « Shahriar’s solo » sont deux enregistrements d’un de mes amis, Shahriar, chanteur que j’ai rencontré par une de ces nuits sous les arches du pont. « The old man’s Tahrir » est un enregistrement du Tahrir (la technique vocale iranienne consistant en de rapides trilles sur une longue mélodie) d’un vieil homme venant de temps en temps sur le pont se faire acclamer par les jeunes chanteurs.
    Enregistré sur le pont Khajou, à Isfahan, novembre 2014.

  • « Jan-e Maryam » (« Ma chère Maryam ») est la seule chanson que Shahriar et moi avons enregistré ensemble.
    « Jan-e Maryam » : le soleil se lève, et le fermier appelle doucement sa femme avec des mots tendres, « mon amour, tu es mienne et tu ne me quitteras jamais… Pourrais-tu maintenant te réveiller et venir au champ m’aider aux récoltes? »
    Quelle chanson delicate :). Tant pis, j’aime bien la mélodie!
    Enregistré à Isfahan, novembre 2014.

  • Les chanteurs du pont Khajou. Sur cette vidéo, jls chantent pour une occasion très spéciale : le retour des eaux du Zayanderoud, le fleuve traversant Isfahan, qui était sec pendant de nombreuses années et qui s’est miraculeusement remis à couler lors de mon séjour dans la ville.
    Enregistré à Isfahan, novembre 2014.

  • Il y avait donc ce vieil homme au Tahrir remarquable, qui se ramenait de temps en temps sur le pont Khajou pour pousser la chansonnette. Un jour qu’on me demande de jouer un morceau avec mon accordéon, ce vieux se joint à ma musique en improvisant des paroles complètement improbables, dans une sorte de slam en anglais, absolument extraordinaire!
    Enregistré sur le pont Khajou, novembre 2014.

  • A Shiraz, autre grande ville d’Iran, les iraniens viennent également chaque soir se délecter de musique persane et de quelques quatrains d’Hafez ou de Saadi.
    Le micro est pour tout le monde! Et le public est nombreux, malgré les fraîches soirées d’Octobre.
    Cette chanson tire ses paroles d’un poème soufi d’Attar de Nishapur, un poète persan du XIIème siècle.
    Enregistré à Shiraz en octobre 2014.

  • Une relativement longue mais magnifique improvisation par un maître de tar, Husseini (tar) et un de ses élèves (voix). Le morceau est composé de deux parties, d’abord une improvisation (« Saaz o Avaaz »), avec des paroles du poète Homa Geraami, puis un Goosheh (mélodie), « Naqmeh », avec des paroles d’Hafez.
    La première partie parle d’amour, bien sûr, quoi d’autre en Iran? Plus précisément, d’un amoureux transi lâché par son âme soeur, qui s’en veut et qui ne pourra jamais l’oublier!
    Enregistré chez Husseini, à Isfahan. Novembre 2014.

  • « Ba Man Sanama » (« Tu es mon idole ») : un Tasnif (chanson) avec des paroles du poète soufi Rumi.
    Rumi parle ici de son désir de ne faire qu’un avec son Dieu. Il ajoute qu’avoir la flamme de l’amour dans son coeur et que de ne faire qu’un avec Dieu ne nécessite aucun rituel particulier. Tout est dans le coeur.
    Interprété par Peyman Khosravi, un professeur de tar que j’ai rencontré à Teheran. Enregistré dans son école de musique, novembre 2014.

  • Pour une fois, non pas un poème soufi mais une chanson d’amour cachant un message politique écrit par Vahid Dastgerdi : « Moosem-e Gol » (« la vie d’une fleur »).
    « La vie d’une fleur est si courte que tu ne devrais en garder que le meilleur, et tu es une personne bonne et généreuse, donc tu devrais te comporter de telle manière avec ton être aimé! »
    Interprété par Solmaz Badri (voix, santur), une talentueuse joueuse de santur que j’ai rencontré à Teheran.
    Enregistré chez elle, Novembre 2014.

  • Arman est un musician kurde que j’ai rencontré à Karaj, près de Téhéran. C’est lui qui m’a enseigné la plupart de ce que je sais sur la musique traditionnelle Persane, y compris la musique Soufie du Kurdistan, sa spécialité.
    Ce morceau est joué pendant le Zhikr, un exercice religieux durant lequel le nom de Dieu (ou quelques versets du Coran) est répété inlassablement, afin d’aboutir à une sorte de transe. Le Zhikr collectif est pratiqué dans le soufisme, en particulier au Kurdistan, où je n’ai malheureusement pas pu me rendre (mais c’est une bonne raison pour retourner en Iran).
    Dans ce morceaux, ces quelques lignes reviennent à maintes reprises :
    « Khoam ghorbanet bam
    Shay Horamani
    Khoday haghighat
    Dino imani »
    Ce qui pourrait signifier « Je veux me sacrifier pour toi, dieu du peuple d’Howraman » (Howraman est une ville du Kurdistan iranien).
    J’ai essayé d’accompagner Arman sur ce morceau, c’était une experience assez fantastique, je me suis comme senti emporté par la musique!
    Enregistré à Karaj, Novembre 2014.

  • Un autre morceau du musicien kurde Arman Dakei, jouant ici du tanbur, un instrument à corde répandu au Kurdistan, et plus particulièrement dans la ville de Kermanshah.
    Je n’ai aucune idée du nom de ce morceau, mais c’est rapide et entraînant!
    Enregistré à Karaj, novembre 2014.

  • Le Zoor Khane est un lieu dans lequel les iraniens pratiquent un art martial millénaire associant danse, sport et religion, autrefois utilisé pour entraîner les guerriers de l’armée perse.
    Les hommes exécutent différent exercices au rythme du joueur de tombak, qui chante également des ballades épiques nationalistes ou des poems d’Hafez.
    Dans cette courte vidéo, ils tourbillonnent comme des danseurs soufis!
    (Je dois dire que les danseurs géorgiens sont quand même meilleurs, voir dans la section « Géorgie »).
    Enregistré à Yazd, novembre 2014.

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